Parenthèse

Parenthèse

Une fois tous les deux mois, l'équipe des PUSE met en avant un sujet, un ouvrage ou une collection qui lui tient à cœur.

       

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La fête du cinéma

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise sanitaire, la Fête du Cinéma fait son grand retour pour sa 35e édition du 30 juin au 4 juillet 2021 ! C'est une nouvelle fois l'occasion idéale de profiter de séances à 4 euros.

Si les cinémas ont pu rouvrir dès le 19 mai avec une jauge de 35 %, ils devront attendre le 30 juin pour une réouverture complète.

En 2019, la Fête du cinéma avait attiré 3,42 millions de spectateurs, son plus haut niveau depuis 2013.

Confinement et mesures sanitaires obligent, les 2 000 cinémas français, parc unique au monde, auront été fermés près de la moitié de l'année 2020, et déjà presque la moitié de l’année 2021 également, du jamais vu en 125 ans d'histoire du cinéma.


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Institut_Lumi%C3%A8re_-_CINEMATOGRAPHE_Camera.jpg

 

Un peu d’Histoire justement

Le cinéma tire son nom du « cinématographe », appareil de prise de vues inventé par Léon Bouly en 1892. Il sera plus tard amélioré par les frères Lumière, bien qu’on attribue généralement la première caméra à Thomas Edison qui brevette la caméra Kinétographe en 1891 (du grec Kinetos qui signifie « animé ») et commence dès cette époque à tourner les premiers films. On considère cependant que le Cinéma ne commence réellement qu’en 1895 avec la première représentation publique payante organisée par Louis et Auguste Lumière.

Retrouvez les 10 films projetés à cette occasion ici

 

 

Le cinéma en quelques dates

1902 : Le Voyage dans la lune de Georges Méliès, considéré comme le premier film de science-fiction. Méliès a été un pionnier dans l’utilisation des effets spéciaux au cinéma. Figure majeure du 7e art, aujourd’hui beaucoup de cinémas en France portent son nom (c’est d’ailleurs le cas à Saint-Étienne !).

1920-1960 : Âge d’or du cinéma. La pratique se développe et trouve son public. C’est l’époque de Charlie Chaplin, d’Orson Welles, l’apparition du cinéma de genre comme le Western ou le Film Noir et surtout l’arrivée du cinéma parlant en 1927.

1929 : Première édition des Oscars, pionnière parmi les récompenses cinématographiques, suivies plus tard par le Festival de Cannes (1946) et les Césars (1976) pour ne nommer que les cérémonies françaises.

1958-1968 : « La Nouvelle vague », un mouvement qui remet le cinéma français sur le devant de la scène mondiale, avec notamment les films de Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol et bien d’autres.

1990 : Apparition des « Multiplexes ». L’exploitation des films s’industrialise et l’augmentation du nombre de salles augmente la distribution. Plus de 600 films sont projetés dans les années 2000, contre seulement 250 dans les années 80.

Aujourd’hui le cinéma n’a toujours pas fini de se réinventer : grâce à l’amélioration numérique de la vidéo (on pense notamment à l’apparition de la 3D avec la sortie d’Avatar de James Cameron en 2009 ; ou encore au développement des salles de cinéma IMAX), mais aussi du son (Système Dolby) et des modes de visionnage (amélioration des systèmes de projection en plein air, salles équipées de sièges pouvant bouger pour apporter plus de sensations lors du visionnage, etc.).

En quelques chiffres : le cinéma comptabilise en moyenne 200 millions d’entrées en France par an, avec plus de 8 000 films projetés dont environ 700 nouveautés (chiffres 2019 CNC).

Comme nous le disions plus haut, ces deux dernières années ont été particulièrement rudes pour le cinéma et ses différents acteurs. Aussi, maintenant que les salles ont rouvert, nous ne pouvons que vous encourager à en profiter !

 

Les ouvrages sur le sujet disponibles aux PUSE



150 ans de la Commune

Cette année 2021 commémore les 150 ans de la Commune, et comme un heureux hasard, nous avons des ouvrages à vous recommander sur le sujet !

 

La Commune, qu’est-ce que c’est ?


© PUSE
En mars 1871, la France, vient de perdre la guerre contre la Prusse, après un siège de la capitale de 138 jours. Les Parisiens, épuisés par l’occupation et décimés par leurs actes de résistance contre les troupes prussiennes, se sentent humiliés par cette défaite et par l’acceptation par le gouvernement des conditions de l’armistice imposées par les Allemands : de lourdes indemnités de guerre, la cession de l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne, et pour finir le défilé des vainqueurs sur les Champs Élysées le 1er mars.

Le peuple se révolte alors contre le gouvernement sur une période de près de 2 mois, du 28 mars au 18 mai 1871. La situation est particulièrement délicate en raison du fait que les parisiens qui ont aidé les soldats français à repousser les Allemands pendant la guerre, ont conservé des fusils et des canons et sont donc armés contre le gouvernement en place. Le peuple reprend le contrôle de la ville et organise des élections : l’extrême gauche l’emporte et la Commune est proclamée (en souvenir du nom de la municipalité de Paris pendant la Révolution).


© Marper
Le gouvernement « officiel » tente de contrer le mouvement en envoyant l’armée contre les communards. Surpassés en nombre et en expérience du combat, ces derniers perdent rapidement l’avantage. Cette guerre civile s’achèvera suite à la « semaine sanglante » (du 21 au 28 mai) dont l’ultime bataille se tiendra au cimetière du Père Lachaise (147 communards seront fusillés devant le maintenant tristement célèbre « mur des fédérés »). Entre 10 000 et 20 000 parisiens auront perdu la vie durant cette période, et plus de 40 000 seront déportés à la suite de ces événements.

La Commune reste encore aujourd’hui un mythe fondateur pour la gauche et pour les mouvements communiste, socialiste et anarchiste.

 

La Commune de Saint-Étienne

Si l’on se souvient principalement au niveau national (et international) de la Commune de Paris, d’autres « Communes » virent momentanément le jour dans d’autres villes de France à la même époque : Marseille, Limoge, Lyon, Le Creusot, Narbonne, Toulouse… mais aussi Saint-Étienne.

Parmi l’un des plus importants bassins industriels français, Saint-Étienne et sa région sont le centre de protestations ouvrières sur la majeure partie du XIXe siècle. Depuis la grève des passementiers de 1834, les grèves et mouvements ouvriers se succèdent.

À la suite des événements de Paris, la Commune est proclamée à Lyon le 23 mars 1871. Le 24, l’hôtel de ville de Saint-Étienne est pris d’assaut. La Commune de Saint-Étienne est déclarée et le drapeau rouge hissé. Mais le mouvement est de courte durée : rapidement des troupes arrivent de Lyon et répriment le mouvement. Le 28 mars la révolte prend officiellement fin.

« Comme toutes les autres Communes de province, elle se caractérise par sa brièveté, qui est davantage le fait de son inorganisation que de la réaction des autorités légales. Cet échec n’est-il pas en réalité inscrit dans les origines mêmes de l’événement ? » (Charles-Henri Girin, « La commune de 1871 à Saint-Étienne », in Claude Latta (dir.), La Commune de 1871, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2004, p. 184.)

« La mort du préfet est l’événement majeur de l’épisode communaliste stéphanois, à partir duquel la Commune se décompose progressivement jusqu’au matin du 28 mars. » (Ibid., p. 187.)

Source : https://www.emse.fr/AVSE/commse.htm

 

Pour en savoir plus

La commune expliquée en 6 minutes :
https://www.arte.tv/fr/videos/088562-000-A/l-histoire-la-commune-de-paris/

Les figures de la commune :
https://www.paris.fr/pages/les-150-ans-de-la-commune-de-paris-les-figures-incontournables-3-5-16934

 

Nos ouvrages sur le thème

  



Les Femmes


Crédits : Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration : Valaska.

 

Les femmes dans le monde du livre

Comme vous le savez très certainement, le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. Elle trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXsiècle, en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote.

À cette occasion nous trouvons intéressant de vous parler des femmes dans le monde du Livre. En effet, celui-ci est très majoritairement composé de femmes (on parle ici des « petites mains » de l’édition, des librairies et des bibliothèques, pas des auteur·ice·s).

« 74 % des effectifs du monde de l’édition sont des femmes »

Pourtant, elles sont très peu à occuper des postes de responsables, et même si on commence à parler de féminisation de la profession, les éditeurs restent majoritairement des hommes.

Quelques éditrices françaises renommées : Sabine Wespieser, Viviane Hamy, Joëlle Losfeld, Anne Carrière, Françoise Verny, Héloïse d’Ormesson...

En 2018, Madame de Lafayette devient la première femme à figurer au programme de littérature au baccalauréat (filière L) avec La Princesse de Montpensier (publié en 1662).

On se concentre ici sur le Livre car c’est notre domaine, mais on vous fait quand même remarquer que Kamala Harris, élue cette année, est la toute première femme vice-présidente des États-Unis. En 2020, seule une poignée de femmes cheffes d'État ou de gouvernement (elles sont 21) dirigent un des quelques 200 pays du monde et on ne compte jusqu’à présent qu’une seule femme Première ministre en France (Édith Cresson, sous François Mitterrand, de 1991 à 1992).

 

Les femmes aux Presses universitaires de Saint-Étienne


© PUSE

Du côté de nos ouvrages, nous avons deux collections consacrées aux femmes :

« École du genre » qui se consacre à de grandes figures féminines, à l’histoire des femmes, aux rapports sociaux féminins/masculins, etc.

 « La cité des dames » qui réunit des éditions de textes de femmes de l’Ancien Régime. Au format poche, elle rend accessible ces écrits édités par des spécialistes. Le dernier ouvrage de la collection sortira d’ailleurs cette année : Éloges collectif de femmes de la Renaissance française (réunis et édités par Renée-Claude Breitenstein).

Nous avons aussi une collection dédiée à la littérature de genre : « Le genre en toutes lettres » (anciennement « Des deux sexes et autres »). Composée d’études qui s’intéressent à la façon dont les discours, en particulier littéraires, expriment le genre et les sexualités

 

Sources :
https://www.entreprendre.fr/maisons-d-edition-les-femmes-prennent-le-pouvoir/
https://www.lexpress.fr/culture/livre/a-la-tete-de-grandes-maisons-d-edition-des-femmes-pleines-d-audace_1723800.html

                        



Jean-Philippe Toussaint


© Madeleine Santandrea

© Madeleine Santandrea

Qui est Jean-Philippe Toussaint ?

Fils d’un journaliste et d’une libraire, Toussaint est un écrivain et réalisateur belge francophone. Prolifique, il est l’auteur d’une vingtaine d’œuvres littéraires et de 5 films. Membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, il est également lauréat de nombreux prix, parmi lesquels les renommés prix Médicis (pour Fuir) et Décembre (pour La Vérité sur Marie).

À l’occasion de la récente sortie de son dernier roman Les Émotions (Éditions de Minuit, 2020), nous saisissons l’occasion de mettre en avant l’ouvrage dirigé par Stéphane Chaudier décortiquant l’œuvre de cet auteur, et parler de notre collection « Lire au présent ».

 


© PUSE
Stéphane Chaudier (dir.), Les vérités de Jean-Philippe Toussaint, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2016, 268 p.

Intrigantes, séduisantes, les histoires de Jean-Philippe Toussaint mettent en scène des héros décalés, des velléitaires qui savent très bien ce qu’ils veulent (qu’on leur fiche la paix), des êtres à la fois fragiles et résistants, pris entre le désir et l’impossibilité d’être tout à fait normaux, oscillant entre angoisse et plénitude, bref des gens comme vous et moi.
Portrait continu d’un artiste sans œuvre mais toujours, semble-t-il, sur le point de créer, l’œuvre de Toussaint fait largement appel à l’humour dans sa description du monde et dans sa réflexion sur elle-même : elle a su s’imposer auprès d’un large public et des critiques les plus attentifs aux évolutions de la prose contemporaine.
Les Vérités de Jean Philippe Toussaint est un ouvrage collectif ; il se propose de traverser en tous sens l’œuvre littéraire de Toussaint pour en éclairer les enjeux.

Table des matières

 

La collection « Lire au présent » :

La collection accueille des ouvrages consacrés à l’analyse de la littérature française contemporaine. Elle contribue à éclairer les dynamiques, tendances et renouvellements qui structurent le champ littéraire, à mettre à jour les grandes questions et thématiques qui traversent la littérature française contemporaine et à en étudier les auteurs majeurs tout en les situant dans une histoire plus vaste. « Lire au présent » s’attache ainsi à étudier la littérature française des années 1980 à nos jours : il s’agit donc de lire le présent. Mais lire au présent, c’est aussi lire ou relire à l’aune du présent. Aussi la collection accueille-t-elle également des études qui lisent ou relisent sous un jour nouveau des textes plus anciens, ainsi que des ouvrages portant sur les développements récents de la théorie littéraire.

Aujourd’hui dirigée par Frédéric Martin-Achard, la collection a vu le jour en 2000 avec la parution de Relire Tournier (dirigé par Jean-Bernard Vray) et compte une quinzaine de titres.

La collection « Lire au présent »

Plus :



Festin de Noël

Les fêtes de fin d’année sont pour beaucoup synonyme de grands repas de plusieurs heures, en famille ou entre amis, où la bonne cuisine est à l’honneur. Cette année il semblerait que les banquets soient réduits à des réceptions plus intimes, ce qui ne nous empêchera pas de nous régaler !

 

Et comme un livre est toujours une bonne idée de cadeau au pied du sapin, voici une petite sélection d’ouvrages de notre catalogue sur le thème des victuailles :

Ma cocotte bien aimée, Aurélie Brayet, coll. « Histoire des mondes modernes et contemporains, patrimoine et régionalisme », 2009.

La cocotte-minute est aujourd’hui un objet célèbre : elle fait partie de ces objets incontournables qui parlent à tous. C’est une part de la culture française, que l’on exporte comme tel hors de nos frontières. Mais si l’utilisation de cet objet n’a plus de secret pour les français, peu connaissent son histoire à la fois passionnante et tourmentée. À travers cet ouvrage, Aurélie Brayet se livre à un plaidoyer pour l’étude scientifique de l’histoire des objets qui peuplent nos vies. L’auteur nous emporte au cœur de la cocotte-minute : inventions, innovations, peurs et rejets, mémoires des utilisatrices, des recettes... Un voyage qui réveille de nombreux souvenirs sans jamais entrer dans la nostalgie.

   

Les Fourmes de Montbrison et d’Ambert, Étienne de Banville, coll. « Histoire des mondes modernes et contemporains, patrimoine et régionalisme », 2006.

L’attribution de deux Appellations d’Origine Contrôlées (AOC) à la fourme de Montbrison, d’une part, et à la fourme d’Ambert, d’autre part, est venue marquer la fin d’une étape commune, longue et pleine de tensions. L’ouverture d’une phase nouvelle du développement des fourmes constituait donc un bon moment pour réinterroger leur histoire ; une attention particulière est portée au rôle des familles fromagères, essentiel au cours de la première moitié du XXe siècle dans le passage d’une production fermière à une production de petite industrie. Produit fortement identitaire, les fourmes sont un bon exemple de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui des produits agriculturels : l’analyse historique permet de saisir les étapes de cette constitution, ainsi que les défis auxquels ces produits sont actuellement affrontés.

Le Populaire à table, Pierre Charreton et Mireille Piarotas (dir.), coll. « Littératures populaires », 2005.

« Dis-moi ce que tu manges, dis-moi comment tu bois... »

Mais a-t-on encore soif quand on est « Chaste et Flétrie » ou « Père et Portier » ? Et la traque des traîtres, des félons et des Dalton laisse-t-elle le temps de pique-niquer ? Il est des héros qui ne mangent jamais (comment font-ils ?) et Margot ne saurait pleurer la bouche pleine. On sait pourtant qu’Athos avait le vin triste, et que Porthos a trinqué avec le Roi Soleil, et que l’agent 00X carbure au whisky, et qu’une bonne aventure gauloise ne peut se terminer que par un grand banquet... Un colloque roannais, riche de rencontres et péripéties, a évoqué la place que la littérature populaire fait à l’estomac et recensé ce que cet organe a inspiré, depuis deux siècles, de textes gais ou pathétiques, de lyrisme et de scandales, d’anathèmes et de fleurs de rhétorique. Ont été convoqués les feuilletonistes et les poètes, les auteurs de BD et les cinéastes, les romanciers des meilleurs terroirs, les muses de Cabaret et autres Madelon. Pour parvenir à la conclusion que la Gourmandise est le plus savoureux et le plus éloquent des péchés...

    

Le Boire et le manger au XVIe siècle, Marie F. Viallon (dir.), coll. « Renaissance et Âge classique », 2004.

2003 : année Rabelais. Quelle meilleure façon de saluer ce grand écrivain et ses folastries joyeuses qu'en évoquant l'art du boire et du manger au XVIe siècle ? Boire et manger, c'est plus que se désaltérer et se nourrir : c'est participer à la convivialité des repas ou des banquets, c'est s'inscrire – ou non – dans les usages sociaux de la table, c'est constituer son corps et forger son âme dans la frugalité et le jeûne. Cet ouvrage propose une réflexion à partir d'exemples littéraires et historiques en provenance de divers pays d'Europe : France, Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal.

 

 

 

À PARAÎTRE :

Rendez-vous au printemps 2021 pour le petit dernier de la collection « Le Goût du savoir » : La cuisine, de la marmite au patrimoine d’Aurélie Brayet. Il y sera question de patrimoine mondial immatériel, de la culture gastronomique française et de beaucoup d’autres choses alléchantes.

 

 

 

 

Très belles fêtes de fin d'année à tous !



L'Amérique de Louise Erdrich

Le 30 octobre dernier France Inter diffusait le dernier épisode de ses interviews d’auteur·rice·s américain·e·s avec comme invitée Louise Erdrich.

Podcast de l’émission disponible ici

Le monde a aujourd’hui les yeux rivés sur les USA, et nous nous sommes dit que c’était justement une bonne occasion de parler du continent outre-Atlantique à travers la littérature et en mettant de côté les événements politiques de ces derniers jours même si ces deux notions sont bien souvent liées.

 


© Alessio Jacona

L’autrice

Louise Erdrich, de son nom complet Karen Louise Erdrich, est une écrivaine américaine d’origine allemande et amérindienne, née en 1954. Elle est l’autrice d’une quinzaine de romans, mais écrit aussi des nouvelles, de la poésie et des livres pour enfants. Elle a reçu de nombreux prix dont le très réputé National Book Award en 2012 (l’un des prix littéraires les plus prestigieux des USA) pour son livre Dans le silence du vent (The Round House en anglais). Elle fait également partie du mouvement littéraire de la Renaissance amérindienne.

 

Ses livres en français sont publiés pour la plupart chez Albin Michel

 

Qu’est-ce que la Renaissance amérindienne ?

« En 1969, N. Scott Momaday recevait le prix Pulizer pour La Maison de l’aube et devenait ainsi l’initiateur de la Renaissance amérindienne, le père de la littérature autochtone américaine. » (E. Bouzonviller, p. 11)

Cette expression de Kenneth Lincoln (critique littéraire américain de la fin du XXe siècle) désigne un renouveau dans la production littéraire amérindienne aux États-Unis et au Canada avec une nette augmentation des parutions d’ouvrages d’auteurs amérindiens. On situe cette période entre 1969, avec la parution de La Maison de l’aube de Navarre Scott Momaday (Prix Pulitzer de la fiction) et 1977 avec la parution de Cérémonie de Leslie Marmon Silko. Aux côtés de Momaday, Silko et bien sûr Erdrich, ce mouvement rassemble d’autres noms de la littérature américaine, tels que James Welch, Michael Dorri, Joy Harjo ou encore Sherman Alexie.

 

Louise Erdrich aux PUSE

À lire : Bouzonviller Élisabeth, Louise Erdrich : métissage et écriture, histoires d’Amérique, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « Les Scripturales », 2014.


© PUSE, 2014.

Dans son étude, Élisabeth Bouzonviller ne s’intéresse pas seulement à l’œuvre d’Erdrich, elle explique aussi tout ce processus que fut la littérature amérindienne, depuis ses débuts difficiles desquels les auteurs blancs n’étaient pas dissociables.

« Quand à l’aube du XXe siècle les Autochtones ont pris eux-mêmes la plume sans le filtre d’intermédiaires et/ou traducteurs, dont on peut toujours remettre en cause la fiabilité, ces tentatives sont souvent restées profondément marquées par la culture occidentale blanche. » (p. 13)

Au-delà de l’ethnicité, l’œuvre d’Erdrich aborde également la tradition de transmission orale, le métissage littéraire et culturel, mais aussi des sujets plus vastes comme simplement le féminisme. Et si elle ne semble pas politiquement engagée dans sa prose, l’autrice affirme ses convictions dans les médias lors d’interviews (comme lors de son passage sur France Inter par exemple). Élisabeth Bouzonviller replace tous ces éléments dans leur contexte littéraire et historique, tissant des parallèles avec les autres textes de la littérature amérindienne, et donnant un portrait complet de Louise Erdrich et de son écriture.

  • Elisabeth Bouzonviller est agrégée d’anglais et maître de conférences à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne où elle enseigne la littérature et civilisation américaines. Spécialiste de F. Scott Fitzgerald, elle est membre de la société savante américaine consacrée à l’écrivain, elle fait partie du comité de lecture de la F. Scott Fitzgerald Review, revue annuelle où elle publie régulièrement articles et recensions. Elle a également écrit divers articles sur des romanciers américains du XXe siècle (Faulkner, Hemingway, Steinbeck) publiés dans des ouvrages collectifs. Plus récemment, elle s’est consacrée à une recherche littéraire tournée vers l’indianité avec des articles et entrées de dictionnaire publiés en France et à l’étranger à propos d’Emily Carr, N. Scott Momaday et surtout Louise Erdrich. Elle est depuis 2019 la co-directice de notre collection « Littératures des ailleurs ».
        

Retrouvez plus de titres de littératures étrangères dans nos collections « Long-courriers », « Les Scripturales », « Les Translatives » et « Voix d’ailleurs ».



Vive la science !


© PUSE
Si septembre est le mois de la rentrée littéraire et des prix de littérature, le mois d’octobre est plus généralement considéré en librairie comme la rentrée des sciences.

Nous nous sommes dit que c’était une occasion toute choisie pour vous parler de nos ouvrages un peu plus scientifiques. Si les Presses universitaires de Saint-Étienne ont une politique de publication aujourd’hui plus tournée vers les sciences-humaines, il fut un temps ou les sciences dites « dures » figuraient également à notre catalogue. On retrouve notamment deux collections dans le domaine : « Sciences » et « Les cahiers de la Rotonde ».

Si la première propose des ouvrages techniques sur des thèmes tels que la santé, le sport ou l’environnement, la seconde cherche un public plus vaste et plus jeune, son but étant de vulgariser le discours scientifique.

Dans le même esprit le tout premier ouvrage de notre collection « Le Goût du savoir » parle d’ailleurs de biologie : Le parfum des roses, Jean-Claude Caissard et Sylvie Baudino (2018).

 

 

En savoir plus :

La science vous intéresse ? La Faculté des Sciences et Techniques regroupe une large palette de formations dans les domaines de l'Informatique, de la Biologie, des Activités Physiques et Sportives, de la Chimie, de la Géologie, des Mathématiques et de la Physique. Les enseignants-chercheurs de ces différents laboratoires travaillent en totale synergie avec le tissu socio-économique régional. Retrouvez tous les départements sur le site de la faculté des sciences et techniques.

Évènements :

Du 2 au 12 octobre, retrouvez également la Fête de la Science partout en France La page Loire ici

Chaque automne est organisée la Nuit européenne des chercheurs. Cette année elle se tiendra le 27 novembre. Pour les stéphanois c'est ici

Pour aller plus loin, rendez-vous sur la page CSTI de l’Université, on y trouve toujours de bonnes idées !



BACK TO SCHOOL

Le mois de septembre est généralement synonyme de rentrée. Scolaire, mais aussi littéraire pour les acteurs du livres. Les librairies se remplissent des nouveautés et les grands prix de littérature annoncent leurs sélections. Sans compter qu’il faut se procurer les ouvrages prévus dans les programmes scolaires ! Voire investir dans des manuels ou des ouvrages de révision pour ceux qui passent des concours à la fin de l’année.

Dans ce cas, les Presses universitaires de Saint-Étienne proposent deux ouvrages de parascolaire afin d’aider au mieux les futurs candidats au CAPES d’espagnol et aux Agrégations externes de Lettres classiques et de Grammaire à se préparer.

 


© PUSE


Cap CAPES espagnol
Gilles Del Vecchio et Emmanuel Marigno (éd.)
Collection « Hors collection », 2015.
Disponible par correspondance ou directement en librairie, 18€.

Ce manuel est une invitation à découvrir ou à redécouvrir les textes majeurs de la littérature espagnole du Moyen Âge jusqu’à nos jours. Chaque période est présentée au fil d’une introduction détaillée et accompagnée d’une chronologie. Les textes sélectionnés et reproduits sur la page de gauche sont annotés sur la page de droite. Ces notes de commentaires ont pour objectif de faciliter la compréhension du texte présenté et d’offrir des pistes d’analyse.
Cette démarche conviendra aux étudiants désireux d’approfondir leurs connaissances en matière de littérature espagnole. Le volume est particulièrement adapté aux candidats au CAPES qui sont amenés à travailler sur des dossiers hors programme et qui se trouvent parfois démunis par manque de repères concrets. L’anthologie Cap CAPES a été conçue pour leur venir en aide.

 

 


© PUSE


Annales 2000-2019 des Agrégations externes de Lettres classiques et de Grammaire
Jérémie Pinguet et Clément Barnavon (éd.)
Collection « Hors collection », 2019.
Disponible par correspondance ou directement en librairie, 18€.

Vingt ans après un recueil d’annales similaire, ce volume présente la totalité des sujets proposés à la sagacité des candidats, entre 2000 et 2019, dans le cadre des écrits des Agrégations externes de Lettres classiques et de Grammaire. Les épreuves écrites de l’Agrégation de Lettres classiques sont la dissertation de français, le thème latin, le thème grec, la version grecque et la version latin ; celles de l’Agrégation de Grammaire comprennent une composition française, un thème latin, un thème grec, deux compositions de grammaire à options et une version latine.
Cet ensemble d’annales offre un large éventail de sujets, parfois introuvables ailleurs, avec lesquels on peut s’entraîner et se préparer pour les épreuves écrites : il permet ainsi d’identifier le niveau et les attentes de ces concours d’excellence. Étudiants et professeurs pourront donc en tirer avantage.

 

Les Presses universitaires de Saint-Étienne souhaitent une bonne reprise à tous,
et particulièrement aux étudiants en cette période de rentrée un peu hors normes.



Voyage, voyage

L’été est là, les grandes vacances arrivent !

Qui n’a jamais fait un carnet de bord lors d’une escapade ? Collant billets d’avion, tickets de métro, papiers d’emballage et photos de voyage ? Qui n’a jamais pris des centaines de clichés, jamais classés, qui soit prennent la poussière quelque part au fond d’un tiroir, soit attendent patiemment d’être triés dans le sous-dossier d’un disque dur oublié ?

Pour les plus appliqués, ces photos de vacances sont proprement collées dans un album et soigneusement annotées de dates et de petits commentaires :
« Papa devant le Golden Bridge » ; « Été 1998 : Laura qui prend la pause dans une gondole à Venise » ; « Paul sur le dos d’un éléphant. Calcutta, 2001 » ; « Maman qui teste le Haggis. Beurk ! »

Si pour la grande majorité d’entre nous les photos de voyages sont souvent un projet rarement abouti, une pile de souvenirs qui vont bien sur le frigo ou sur les réseaux sociaux, de nombreux photographes en ont fait un exercice de style. Un genre à part entière qui s’est particulièrement développé aux États-Unis et en Europe dans la seconde moitié du XXe siècle.


©PUSE
Un « voyage de photographe » désigne un livre de photographies, avec du texte ou non, relatant en image les déplacements de l’artiste. Une sorte de version photographiée du « voyage d’écrivain ». Les premiers essais s’apparentent d’ailleurs à des livres d’artistes, car les tirages étaient assemblés et collés directement, plutôt qu’imprimés sur le papier. À ne pas confondre avec un ouvrage réunissant simplement des clichés pris lors d’un voyage, le voyage de photographe est une expérience visuelle construite dès le départ comme un livre dans l’esprit de l’artiste. Il est d’ailleurs courant que le thème photographique choisi influence le parcours (au sens physique) de son auteur.

Le pionnier du genre est sans doute Robert Frank avec The Americans. Côté français on pense à D’une Chine à l’autre de Cartier-Bresson ou Far-Westhoek de Thierry Girard (qui est d’ailleurs un hommage à Robert Frank).

C’est l’histoire de ce genre, ses aspects et ses significations que Danièle Méaux aborde dans son ouvrage, justement intitulé Voyages de photographes.
Enrichi d’un cahier de photographies, l’ouvrage nous parle des procédés, des thèmes récurrents, de l’évolution de la pratique depuis les premiers livres et bien sûr des grands noms du genre.

Idéal pour voyager depuis son hamac !

Si le livre vous intéresse, vous le trouverez dans votre librairie, ou en nous envoyant un petit mail 😀

Pour les anglophones et les adeptes du numérique, le livre est aussi disponible en version EPUB (traduction de Mickaël Motter).

Plus sur la photographie :
Retrouvez également la revue Focales, en libre accès ici

De la même autrice aux PUSE :

  • Protocole et Photographie contemporaine (dir.), collection « Arts », 2014.
  • Paysages en devenir (dir.), collection « Arts », 2012.
  • Le Paysage au rythme du voyage (dir.), collection « Arts », 2011.
  • Traces photographiques, Traces autobiographiques (dir.), collection « Arts », 2004. (Épuisé)

Notre collection « Arts »



Les maires de Saint-Étienne

Les élections municipales de 2020 ont eu un premier départ raté et largement critiqué. À la veille du second tour qui se déroulera le 28 juin prochain et qui permettra de finaliser l'élection des maires dans les communes où cela est nécessaire, nous nous penchons sur le cas de notre ville, Saint-Étienne.

Attention il ne s’agit par pour nous ici de tremper nos doigts dans les opinions politiques, mais plutôt d’aborder l’aspect historique de la gouvernance municipale au sein de la ville, en nous appuyant sur l’ouvrage de Jean-Michel Steiner et Gérard-Michel Thermeau.

Cette bible de la municipalité stéphanoise couvre plus de deux siècles d’histoire, rassemblant de nombreux documents d’archives qui permettent d’un peu mieux connaître la ville et ses grandes figures politiques.


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Les maires de la « grande ville ouvrière »

Si plus de 90 maires se sont succédés à l’Hôtel de Ville depuis Jacques Neyron en 1778, Saint-Étienne a pourtant été à de nombreuses reprises une ville sans maire officiel. La particularité de la ville repose également sur l’évolution de son étiquette politique. Un peu compliqué en effet de lui donner une couleur, tant les différents partis se sont succédés. On note également de petits détails, comme une certaine dimension familiale avec des maires de pères en fils (les Neyron, les Deprandière, les Salichon et les Durafour) ou des fratries (là aussi les Neyron ou encore les Thiollière). Il est également question de racines : Joseph Sanguedolce est le seul maire de Saint-Étienne à être né à l’étranger. Très majoritaire, les maires élus sont des enfants de la région. On peut noter également que peu d’entre eux étaient des politiciens de carrière. Seul Michel Durafour est mentionné comme un « pur politique ». Nombre d’entre eux sont issus de familles d’ouvriers ou de négociants, mais on retrouve également de nombreux hommes de loi ou de lettres. Il va cependant sans dire que si tous n’ont pas donné leur nom à une rue, chaque maire a laissé une petite trace qui a permis de façonner la Saint-Étienne que l’on connaît aujourd’hui.

Ce n’est ici qu’une petite sélection, mais le livre regorge d’anecdotes qui permettent de mieux comprendre ce qui fait un maire stéphanois. Plus important : les biographies classées dans un ordre chronologique dessinent une frise de l’histoire politique de Saint-Étienne depuis la fin du XVIIIe siècle, et nous permettent d’un peu mieux comprendre l’évolution de la ville.

Le saviez-vous ? Quelques données sur la municipalité et les élections en France

  • Étymologiquement, maire signifie « plus grand » :
    Issu du latin major, comparatif de magnus « grand », qui a donné par emprunt majeur […]. Dès le IVe siècle, selon l’idée de « respect, autorité » contenue dans magnus, major est attesté au sens de « chef, principal personnage » à partir duquel il est spécialisé aux sens d’ « officier commandant » puis « juge local, maire de village » et « maire de commune ». (Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, 2019)
  • La fonction de maire telle que nous la connaissons aujourd’hui fut instituée par la loi du 5 avril 1884. En France, un maire est élu pour un mandat de 6 ans.
  • Certaines professions sont incompatibles avec la fonction de maire, aussi les agents des administrations financières, les agents des forêts et les gardes des établissements publics et des particuliers par exemple, ne peuvent prétendre à l’élection.
  • Les femmes ont le droit d’éligibilité depuis 1944. La première femme maire de France est Josette Guénin, élue le 21 janvier 1945 pour la commune de de Villars-Montroyer (Haute Marne) en succession de son époux, décédé en juillet 1944.
    Dans le cas de Saint-Étienne, aucune femme n’a encore été élue à ce jour.
  • Créé par un décret du 22 novembre 1951, l'insigne officiel des maires aux couleurs nationales est conforme au modèle ci-après : « Sur un fond d'émail bleu, blanc et rouge portant « MAIRE » sur le blanc et « R.F. » sur le bleu ; entouré de deux rameaux de sinople, d'olivier à dextre et de chêne à senestre, le tout brochant sur un faisceau de licteur d'argent sommé d'une tête de coq d'or barbée et crêtée de gueules. » Le port de l'insigne officiel des maires aux couleurs nationales, dont l'usage est facultatif, est réservé aux maires dans l'exercice de leurs fonctions et ne dispense pas du port de l'écharpe lorsque celui-ci est prescrit par les textes en vigueur.

Saint-Étienne et sa région vous intéressent ? Plus d'ouvrages disponibles dans notre collection « Histoire, patrimoine et régionalisme ».



Manon à l'opéra

L’une des premières actions culturelles mises en place au début du confinement a été la mise en ligne (gratuite) de l’opéra Manon par le site de l’Opéra national de Paris.


source : https://www.gazette-drouot.com/lots/1878028
Ce chef d’œuvre de Massenet a été diffusé en accès libre, permettant à tous le visionnage d’un opéra depuis la maison. Il n’est malheureusement plus en ligne à présent, l’Opéra de Paris continu cependant de mettre en libre accès des opéras et des ballets afin d’apporter un peu d’élégance et de mélodies dans ce confinement. Vous pouvez retrouver tous les contenus sur leur site : https://www.operadeparis.fr/.

 

Manon
Inspiré de l’œuvre de l’abbé Prévost Manon Lescaut (1731), cet opéra-comique en 5 actes dépeint l’histoire d’amour, mouvementée et tragique, entre Manon et le chevalier des Grieux. Il est créé en 1884 et reste à ce jour l’une des œuvres les plus connues de Massenet, et l’une des plus populaires du répertoire français en général.

 

 


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Qu’est-ce qu’un opéra-comique ?
Malgré ce que laisse entendre son nom, un opéra-comique n’est pas forcément drôle, et la fin n’est pas nécessairement heureuse (ce n’est d’ailleurs pas le cas de Manon). Un opéra-comique désigne un genre d’opéra dans lequel les scènes chantées sont alternées avec des scènes de dialogue. Parmi les exemples les plus renommés on retrouve le Pelléas et Mélisande de Debussy, ou le Carmen de Bizet.
On désigne également communément par « L’Opéra-Comique » le théâtre national de l’Opéra-Comique qui se trouve à Paris. Manon fut créée entre ses murs et y reste la deuxième œuvre la plus jouée encore aujourd’hui.

 

 

Le saviez-vous ?
Massenet est un enfant de la région stéphanoise.
Jules Massenet est un compositeur stéphanois né en 1842. Élève du renommé Ambroise Thomas, il sera lui-même le mentor de Gustave Charpentier, Gabriel Pierné ou encore Ernest Chausson. Il est titulaire du grand prix de Rome (haute distinction dans les domaines artistiques, tels que la composition musicale) et de la légion d’honneur. À sa mort il laisse derrière lui quelques 450 œuvres, dont de nombreux opéras. L’opéra de Saint-Étienne, en hommage, porte aujourd’hui son nom.

 

Vous êtes passionnés de musique ? De Massenet ? Des deux ?
Retrouvez de nombreux ouvrages sur le sujet dans notre collection « Musique et musicologie » :

  • Massenet et l’Opéra-Comique, Jean-Christophe Branger et Agnès Terrier (dir.) Préface de Jérôme Deschamps, 2015.
  • Massenet aujourd’hui : héritage et postérité (Les Cahiers de l’Esplanade N°8), Jean-Christophe Branger et Vincent Giroud (dir.), 2014.
  • Présence du XVIIIᵉ siècle dans l’opéra français du XIXᵉ siècle d’Adam à Massenet (Les Cahiers de l’Esplanade N°7), Jean-Christophe Branger et Vincent Giroud (dir.), 2012.
  • Opéra et Religion sous la IIIᵉ République (Les Cahiers de l’Esplanade N°4), Jean-Christophe Branger et Alban Ramaut (dir.), 2006.
  • Le Livret d’opéra au temps de Massenet (Les Cahiers de l’Esplanade N°1), Jean-Christophe Branger et Alban Ramaut (dir.), 2002.


Question d'hygiène

Lorsque nous nous sommes penchés sur la Parenthèse du mois d’avril, il nous est apparu que, pour faire lien avec l’actualité, l’ouvrage L’Hygiène à l’école de Séverine Parayre était tout indiqué.

Publié en 2011, ce livre retrace l’évolution des mesures d’hygiène et de leur enseignement au sein des structures scolaires.

L’hygiène et l’école sont depuis longtemps liées. C’est en effet à l’école que nous apprenons les principes basiques de l’hygiène et de la santé. Si généralement ces principes nous sont inculqués par nos parents dans la pratique, l’école nous apprend le pourquoi.

Ainsi l’éducation à la santé participe au procès de civilisation. (p. 10)

Pourquoi faut-il se laver les mains ? Comment le faire correctement ? Et tout simplement : qu’est-ce que l’hygiène ? Des questions aujourd’hui plus que jamais au cœur des préoccupations.

Voici la définition qu’en donne le dictionnaire :
Hygiène : nom féminin, est emprunté (1575, A. Paré, hygiaine) au grec to hugieinon « santé », neutre substantivé de l’adjectif hugieinos « sain, qui maintient en bonne santé » lequel est dérivé de hugiês « sain, bien portant ». Hugiês est composé de deux racines indoeuropéennes, l’une signifiant « bien », la seconde « vivre ».
Le mot désigne la partie de la médecine traitant du mode de vie propre à conserver et à améliorer la santé et, par métonymie, les principes et les pratiques relatifs à cette fin. Couramment, hygiène se dit pour hygiène corporelle et signifie « pratique de la propreté corporelle ». Le mot entre au début du XIXe siècle dans la composition de plusieurs syntagmes : hygiène mentale (1808), hygiène publique (1833), hygiène préventive, etc.
(Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, 2019)

Si l’étymologie même du mot le lie à la santé, les gestes qui pour nous aujourd’hui représentent des mesures d’hygiène n’ont pas toujours eu cet aspect. Au XVIIe et XVIIIe siècle par exemple, si le lavage des mains et du visage était pris au sérieux, ce n’était en rien pour prévenir la maladie et préserver la santé, mais plutôt une question d’étiquette et de classe sociale. S’il existait une sorte de tabou concernant le lavage du corps, essentiellement dû à la méfiance de l’eau à l’époque, il a toujours été admis que les parties les plus visibles d’une personne, à savoir ses mains et son visage, devaient être « nettes ». Cependant l’habitude prise par ce geste a sûrement eu un impact imprévu (mais heureux !) sur la préservation de la santé des personnes de rangs supérieurs. Il va de soi qu’à cette époque, l’éducation tant que l’hygiène, n’était de toute façon pas accessible à toute la population.

Ce n’est qu’à la fin du [XVIIIe] siècle que Tourtelle, lui-même médecin, annonce explicitement que les ablutions régulières du corps par l’eau sont absolument essentielles à l’entretien de la santé. (p. 73)

Il faudra attendre 1879 pour que l’hygiène scolaire se concrétise et se généralise sous la direction de Jules Ferry.

Séverine Parayre nous raconte la passionnante histoire française de l’enseignement de l’hygiène à l’école et nous permet d’entrevoir pourquoi il paraît si logique aujourd’hui, et ce dès le plus jeune âge, de se laver les mains.

Le saviez-vous ?

Le terme “hygiène” provient du nom de la déesse de la santé Hygie (ou Hygée), fille d’Asclépios (dieu guérisseur chez les grecs), lui-même fils d’Apollon. Son rôle était d’enseigner les manières les plus saines à adopter au quotidien. L’étymologie souligne donc le lien existant entre l’hygiène et la prévention en matière de santé.
Ses attributs : la coupe (patère) et le serpent, qu’on peut trouver sur le caducée des médecins.

Les images proviennent de La Petite histoire de l'hygiène. Pour en savoir plus : http://www.nestorderidder.be/petite-histoire-de-lhygiene/

   



Qui a peur de Marguerite de Valois ?Royauté, mythe populaire et femme de Lettres


Éliane Viennot lors du Café Découvertes ©PUSE

Le jeudi 13 février dernier, nous avions le plaisir de recevoir Éliane Viennot dans le cadre de nos Cafés Découvertes (en partenariat avec la BU Tréfilerie), pour un échange autour de l’ouvrage Maîtresses et favorites, publié en 2019 par nos Presses.

Dans l’ouvrage et lors de l’évènement, il a été question d’une des spécialités de Madame Viennot : Marguerite de Valois.

Mais que savez-vous de cette figure féminine emblématique du XVIe siècle ?

 

De Marguerite à Margot, entre vie politique et mythe littéraire


Marguerite de Valois : [dessin] / [par l'anonyme Lécurieux], 1571. © Gallica
Marguerite de Valois
est née en 1553. Elle est fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est l’une des dernières héritières de la lignée des Valois.
En 1572, elle épouse Henri de Bourbon, roi de Navarre et futur roi de France (Henri IV, 1594-1610). Une union supposée réconcilier les catholiques et les protestants, mais qui sera suivie de près par la nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, durant laquelle des milliers de protestants seront massacrés à travers la France. Le couple se sépare en 1599 sans avoir eu d’enfants ensemble, cependant la reine Marguerite restera une importante personnalité de la vie de cour du XVIe siècle.
Plus qu’une fille, sœur et épouse de roi, Marguerite de Valois est aussi une femme de Lettres et une mécène reconnue, en plus de son intime participation à la vie politique du royaume de France entre 1570 et 1615. Très cultivée, elle s’entoure de nombreux poètes et philosophes de l’époque et son hôtel sur la rive gauche de la Seine est un véritable rendez-vous culturel et intellectuel, au même titre que ce que seront plus tard les « salons » du XIXe siècle.
De son personnage naîtra d’ailleurs le mythe de la Reine Margot, dénomination que l’on doit à Alexandre Dumas, un personnage plus ou moins fictif largement utilisé pour dénoncer les déboires de l’Ancien régime. De ce mythe découleront de nombreuses adaptations, dont l’une des plus célèbre reste certainement le film de Patrice Chéreau (1994), avec Isabelle Adjani dans le rôle de Marguerite de Valois.

 

Éliane Viennot est professeure émérite de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et membre de l’Institut universitaire de France. Spécialiste des « femmes d’État » de la Renaissance, elle a édité les œuvres complètes de Marguerite de Valois (H. Champion, 1998, 1999) et les œuvres en prose d’Anne de France (Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2007, avec Tatiana Clavier). Elle s’intéresse plus largement aux relations entre les femmes et le pouvoir, au traitement (historique, littéraire, politique...) de ces relations, et à leur transmission dans la mémoire collective. Elle travaille depuis une quinzaine d’années à une histoire des relations de pouvoir entre les sexes, et à l’exception française en la matière. Cofondatrice de la SIEFAR et de l’Institut Émilie du Châtelet, elle a dirigé deux collections aux Publications de l’Université de Saint-Étienne (« L’École du genre » et « La Cité des dames », aujourd’hui fermées) et anime plusieurs sites de recherche : sur Marguerite de Valois, sur la Querelle des femmes, sur la langue française (www.elianeviennot.fr).

Plus sur Marguerite de Valois aux PUSE :

  • Maîtresses et favorites dans les coulisses du pouvoir, du Moyen Âge à l'Époque moderne, Juliette Dor, Marie-Élisabeth Henneau et Alain Marchandisse (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « L’École du genre », 2019.
  • Revisiter la « querelle des femmes » – 3. Discours sur l’égalité/inégalité des sexes, de 1400 à 1600, Armel Dubois-Nayt, Nicole Dufournaud et Anne Paupert (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « L’École du genre », 2013.
  • Femmes, rhétorique et éloquence sous l’Ancien Régime, Claude La Charité et Roxanne Roy (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « L’École du genre », 2012.
  • Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Eugénie Pascal et Kathleen Wilson-Chevalier (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « L’École du genre », 2007.
  • Corps, Littérature, Société (1789-1900), Jean-Marie Roulin (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « Le XIXe en représentation(s) », 2005.
  • Mémoires et Discours, Marguerite de Valois, Éliane Viennot (éd.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « La Cité des dames », 2004.
  • Deux épouses et reines à la fin du XVIe siècle : Louise de Lorraine et Marguerite de France, Jacqueline Boucher, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, coll. « Renaissance et Âge classique », 1995.